Pourquoi Tutoyer ou vouvoyer?

JE, TU , Nous ou Vous êtes formidables ? Comment fait-on ? Langage proche ou poli ?


Nous avons beau lire les contenus des publications sur les réseaux sociaux, ceci reste une vraie question. Dans les interactions, nous pouvons tout à faire comprendre que l’on s’adapte à son interlocuteur, et c’est assez facile en ce sens. Vous allez me dire pourquoi cette question? Peut-être que cette posture vous semble très facile? Et bien, pas pour tout le monde ! Parfois même, vous pouvez être sûre d'une posture de langage à suivre à la lettre pour votre audience, et pourtant vous serez amené à des hésitations. Et si vous n'étiez pas si à l'aise avec le tutoiement général à l'écrit?

En plein tâtonnements d'écriture, cette problématique peut être un vieux réflexe de vos rapports d'expérience précédente. Et si vous avez une habitude d’écriture d’articles scientifique dans le cadre de la recherche universitaire, c'est parfois un véritable problème de fond dans vos communications courrantes au sein des réseaux sociaux ou blog. Voyons de plus près comment se sentir à l'aise et être en cohérence avec son audience.



Nous sommes plus souvent habitués au Tu dans la presse pour enfant entre Astrapi, Je bouquine, ou même les adolescents avec Phosphore. Le Tu dans le milieu scolaire entre élèves et enseignants est aussi tout nouveau, car pour d'ancienne génération, le Vous était de rigueur et il fallait même ajouter « Mr B » ou « Mme D .


Dans le domaine de la publicité.


Dans ce domaine à visée commerciale, il est recherché une apostrophe personnalisée plus efficace. Parfois, nous pouvons remarquer le tutoiement pour un produit « Air France, j’aime tes prix ». Sauf pour Dim qui emploi le Tu impératif non stop dans toutes ses publicités : T’es Dim jusqu’au bout !

Cette manière de faire, c’est typiquement français. En Italie, le Dim se revêt du vouvoiement dans les spots publicitaires ! C’est seulement valable pour Dim, car en France, le simple tutoiement d’un consommateur restait quasi impossible en l’an 2000!


Marque de distance intime


Le Vous revêt une marque de respect, nous ne nous connaissons pas. Par contre, dans la vie quotidienne, il est une marque de respect. Et, quand on ne connait pas les gens, il est aussi une marque de distance. C'est effectivement très utile lorsque les gens sont trop envahissants et dépassent votre zone sociale d'intimité. Attention, n'oubliez pas que dans chaque pays, chaque profession, et chaque personne a sa propre zone sociale d'intimité.


Selon une étude* , le Tu est adressé à un tiers en particulier, mais pas pour une information générique. C’est plus courant en publicité (pour les jeux de mots) que dans le journalisme. Le Tu sera stratégique comme on peut le souligner dans un site web de marketing, de développement personnel, de coaching et de beaucoup d'instgrameurs.



Les 3 avantages du Tutoiement


Le rédacteur s’adresse en apparence à un tiers (générique). c’est un TU avantageux pour 3 raisons :


1- Le Tu est informel, détendu, familier, approprié pour certains lecteurs. Le rapport est plus proche entre l’écrivain et le lecteur.


2- C’est une voie simple, directe, véridique.

Contrairement au Vous respectueux, et flatteur.


3- Le Tu se situe dans la solidarité (proximité) sociale, culturelle, professionnelle et sexuelle (de genre) !


En résumé, c’est l’informalité, la vérité, et la solidarité qui est retenue dans le discours écrit du tutoiement. Le discours informel, comme l’oral, est de plus en plus valorisé. On suppose que ce type continuera de s’amplifier dans les années à venir, même si c’est plus lent en France.


Qu'en pensez-vous? Comment vous adressez-vous aux autres dans l'écrit public? Cette manière de s'adresser aux autres lecteurs de la communauté est-elle différente suivant les médias sociaux (selon que ce soit Instagram, Facebook, Pinterest, Twitter etc)?









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Pires Mat, « Usages et stratégies de tutoiement dans l'écrit public », Langage et société, 2004/2 (n° 108), p. 27-56. DOI : 10.3917/ls.108.0027. URL : https://www.cairn.info/revue-langage-et-societe-2004-2-page-27.htm